L'adoration des bergers, par Bartolomé Estaban Murillo (1617-1682).

Musée du Prado, Madrid. Domaine public.

Quelles sont les références bibliques qui se rapportent à l’affirmation que Jésus fut circoncis ?

Jésus a été engendré non pas créé ! 

 Jn 1,1-3,14 :  

« Au commencement était la Parole… »
=> Jésus (le Logos) existait avant toute création, donc il n’a pas été créé.

Jn 3,16 : 

« Fils unique » (monogenes)
=> indique un engendrement unique et non une création parmi d’autres.

He 1,3-5 : 

« À quel ange a-t-il jamais dit : ‘Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui’ ? »
=> distingue le Fils éternel des créatures (anges).

Ps 2,7 / Ac 13,33 / He 1,5

« Tu es mon fils ; je t’ai engendré aujourd’hui »
=> prophétie de l’engendrement divin du Fils, non création.

 Col 1,15-17 : 

Il est le premier-né de toute création… toutes choses ont été créées par lui »
=> Jésus est supérieur aux créatures et est le Créateur.

Jn 1,3 :

« Tout a été fait par elle… »
=> confirme que Jésus a créé toutes choses, donc pas créé lui-même.

Ap 3,14 :

« Le commencement de la création de Dieu »
=> sens de « principe/origine », pas de création.

Credo de Nicée (en 325) : 

« Engendré, non créé, consubstantiel au Père ».
=> lire le résumé théologique de ces passages.

 

Lorsque le huitième jour fut arrivé où l'enfant « devait » être circoncis, on le nomma Jésus. Le texte ne dit pas qu’il l'a été !

Mêler Dieu et Esprit dans des affaires phalliques ne nous semble pas convenable.

Jésus prend le sacerdoce et la royauté éternelle directement par son Père, car consubstantiel à Lui. Le Christ Jésus a été oint (par Dieu/Adon-Aï) non par une huile de nature matérielle (sacerdoce des Hébreux par succession héréditaire), mais par l'huile divine de l'exultation : elle signifie ainsi son élection bien supérieure et différente de celle des Anciens qui avaient reçu une onction corporelle et figurative. Aussi l'histoire montre-t-elle qu'Il n'a pas été oint corporellement chez les Israélites et qu'Il n'appartient même pas à la tribu des prêtres, mais qu'Il a reçu son être de Dieu lui-même, « avant l'aurore », c'est-à-dire avant la constitution du monde et qu'il possède le sacerdoce immortel et impérissable pour les siècles infinis.

Jésus leur dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je suis." Jean 8 : 58.

Léon Allatius, dans sa « Dissertation » (1651, bibliothèque du Vatican), rapporte sur les écrits de Siméon plusieurs particularités qui s’avérèrent : « Lorsque Siméon vint au temple pour voir le Messie, il remarqua parmi les autres mères qui amenaient leurs enfants au temple la sainte Vierge toute rayonnante de lumière. Alors, écartant la foule, il alla droit à elle, la combla de bénédictions, prit l'enfant Jésus entre ses bras, et dans son enthousiasme prononça le cantique Nunc dimitiis et annonça à MARy(i)AM/Marie qu'elle connaîtrait la souffrance. »

Nicéphore raconte que Siméon mourut dès qu'il eut rendu l'enfant Jésus à sa mère ; et saint Epiphane ajoute que les prêtres hébreux ne voulurent pas lui donner la sépulture, parce qu'il avait parlé trop avantageusement du Sauveur. La tradition orientale célèbre depuis au moins le IVe siècle la fête de la Présentation de Jésus au Temple, ou plus exactement, en grec, sa « Rencontre » (Ὑπαπάντη) avec Siméon et Anne la prophétesse. En aucun cas, il ne parle de circoncision. D’après l’Écriture, seuls les lévites assurent le service du culte de tous les premiers nés. Or, la Sainte Famille n’est pas reçue par un prêtre au Temple de Jérusalem en Judée, mais par Siméon sage, un homme qui réside à Jérusalem. N'ayant aucune fonction, il n’était donc pas habilité à pratiquer le rite de la circoncision.

La circoncision de Jésus n’est relatée que dans un seul passage de Luc (2 : 21, 22) dont l’interpolation reste inconnue des autres synoptiques. Nous pouvons nous demander si ce verset ne fut pas ajouté plus tard dans le seul but de convertir des Israélites qui cherchent un Messie d’identité judaïte. La manipulation du texte a voulu également, nous le supposons, combler le vide laissé à cette époque et soulager leur désarroi.

Pour en finir : Les Évangélistes ont été assez clairs sur la généalogie et le sacerdoce de Jésus le Christ : « Selon l’ordre de Melchisédek », autrement dit sans généalogie et non circoncis. Et non pas d’Abram, Moïse etc.

Dans l'Évangile selon Luc, le seul évangéliste qui y fait allusion (2 : 21), la circoncision de Jésus est un événement. Elle donnait lieu autrefois à une fête liturgique célébrée par les Églises catholique et orthodoxe, le1er janvier. Depuis 1960, elle n'est plus en usage dans l'Église catholique. Son iconographie a été abolie en 1974, après le IIe concile œcuménique du Vatican (Paul VI), pour la remplacer par la fête de «Sainte Marie mère de Dieu».

Sanctifions donc notre Sainte Marie, Mère de Dieu plutôt. Un vrai catholique ne doit pas à se rabaisser à croire à Jésus circoncis !

Circumcisio non manu facta ; Circoncision qui ne consiste plus dans le dépouillement de la chair, mais dans le renoncement aux vices et aux concupiscences de la chair : "In expoliatione corporis carnis" ; circoncision dont l'esprit et le cœur sont les deux principes.

Dans son Homélie 5 sur les Galates, saint Jean Chrysostome a parlé avec virulence contre l'adoption de la circoncision par les chrétiens. Il a déclaré ouvertement que si les croyants reçoivent la circoncision, « le Christ ne vous profitera de rien ». Sa raison ? Se soumettre à la circoncision pour être sauvé ? Voilà qui montre que vous n’avez pas pleinement confiance en la suffisance de la grâce de Dieu dans le Christ, et cela vous remet sous l’obligation de garder la Loi lévitique. Cela, a-t-il soutenu, conduirait à être « séparé du Christ » et à tomber de la grâce.

Laus tibi Christe !

Source : Extrait de mon livre "Le monde a besoin d'un Sauveur - Histoire du Salut" page 134 et suivantes….